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Autres publications

Ces pages sont réservées à la publication d'articles, de comptes rendus ou d'études diverses.

 - L'ouvrage de Daniel Lécuyer et de Léone Mazars, Hangard autocars. Depuis 1923, une affaire de famille (2016) est disponible sur notre site en téléchargement libre ci-dessous. Il propose aux lecteurs un historique sur une célèbre maison presque centenaire et dispose de nombreuses illustrations. La Société remercie les auteurs de nous faire partager le résultat de leurs recherches.

- À vendre sur notre site au prix de 3 euros : Mémoire des entreprises (2017). Il s'agit des actes du colloque qui s'est tenu en l'Hôtel des sociétés savantes à Rouen le 15 novembre 2014.
Au sommaire : Éditorial de Daniel Fauvel, "La sauvegarde des archives d'entreprises" par Sandrine Sevestre, "Les cars Hangard, une affaire de famille" par Daniel Lécuyer, "La ferme du Rougemont à Beuzeville-la-Guérard" par Maurice Renard, "Le petit-suisse, les sagas Gervais et Danone" par Marcel Hurard.




Ci-dessous les différentes allocutions du Président de la Société Libre d'Emulation (introduction aux conférences et résultats du concours annuel) :

Conférence : « L’industrie du cuir : Histoire et Patrimoine »

Mercredi 23 mai 2012 – 18H30 – Hôtel des Sociétés Savantes.



La Société Libre d’Emulation de la Seine – Maritime vous propose, dans le cadre de ses activités, une conférence gratuite sur l’histoire et le patrimoine de l’industrie du cuir de ce département. Elle aura lieu le mercredi 23 mai 2012, à 18H30, à l’Hôtel des Sociétés Savantes, 190, rue Beauvoisine, à Rouen.

S’appuyant sur de nombreux exemples locaux, Natacha Richer, jeune doctorante en Histoire de l’Art, spécialisée en patrimoine industriel, à l’Université Paris IV – Sorbonne, abordera les aspects historiques, architecturaux et socio - économiques des moulins à tan, des tanneries, des mégisseries et des corroieries, de la moitié du XVIIIe siècle au milieu du XXe siècle, dans le but de connaître comment ils se sont développés et comment les hommes y travaillaient. Les procédés techniques, l’évolution de ces établissements et les témoignages de cette activité seront aussi traités. Cette conférence sera également l’occasion de revenir sur des lieux bien connus pour cette activité comme à Darnétal, Saint-Saens, Gournay en Bray ou bien encore Rouen mais également de mettre en lumière d’autres sites comme par exemple à Bolbec, Aumale ou Bacqueville en Caux. Elle sera suivie d’une discussion ouverte pour enrichir les connaissances dans ce domaine.


Concours de l’année 2012


Palmarès

1er prix : Mathieu Bidaux : Ernest Vaughan, le patron rouge

Master en Sciences humaines et sociales, spécialité Histoire, de l’université de Rouen.


Mathieu Bidaux nous propose une biographie d’un personnage peu connu, Ernest Vaughan. L’étude est rythmée en quatre parties. On découvre sa jeunesse à la suite du commissaire de police Emile Boulin, très régulièrement muté, ce qui explique les nombreux changements de domicile de Vaughan qui commence à travailler chez Vogien à Paris, spécialisé dans le négoce du châle imprimé. Puis, en 1861, il devient le jeune directeur de la fabrique de châles Wulvérick à Déville. Il a 20 ans et gagne 2400 F par an. Il ne cache pas ses opinions républicaines et anticléricales, refuse, comme l’avait fait Noiret 10 ans plus tôt, de préciser sa religion. C’est un jeune directeur de talent dont l’entreprise sera distinguée en 1859 par notre Société Libre d’Émulation qui lui décernera une médaille de vermeille. La crise cotonnière ne touche pas sa spécialité car les châles sont en laine et qu’on travaille encore à la planche. Ses ouvriers et ouvrières étant mieux payés que ceux des fabriques alentour, la maison est épargnée par les grèves de la fin du Second Empire. Les trois années suivantes marquent un tournant dans la vie d’Ernest Vaughan. Il adhère à l’AIT et se lance dans l’action politique. Avec Berthelot, Noiret, Cordhomme, il fait partie du comité antiplébiscitaire du 8 mai 1870. Puis la guerre contre les Prussiens et la commune le voit défendre une République sociale et il est condamné le 15 novembre 1871 pour apologie de faits criminels. Comme Cordhomme, il doit s’exiler en Belgique jusqu‘en 1880. De retour en France, il devient patron de presse et journaliste, ami de Rochefort et de Lepetit. L’intransigeant défend alors la Révolution mais aussi le populaire général Boulanger. Sa collaboration à L’intransigeant se termine par un procès contre Rochefort. Vaughan rebondit en rejoignant L’aurore de 1897 à 1903. Il dirige ce journal quand Zola écrit son célèbre article « J’accuse ».

Sans abandonner totalement le journalisme et ses engagements, il est nommé ensuite directeur de l’hôpital des quinze-vingts à Paris et ce royal établissement créé par saint Louis sera républicanisé par Vaughan dans la période critique de la séparation de l’église et de l’état. Si l’on en croit Gustave Hervé, dans les derniers moments de sa vie, il aurait assoupli sa position anticléricale, ne ricanant plus des religions.

Au-delà de la biographie du personnage, c’est en effet une période clef de notre histoire durant laquelle l’affirmation républicaine est confrontée aux dérives populistes du Boulangisme et du Nationalisme qui est évoquée. C’est aussi celle du développement du capitalisme porteur de crises économiques et financières comme d’inégalités sociales. L’essor du mouvement ouvrier en voie de structuration interpelle aussi les partisans d’une République dont la dimension sociale reste à définir.

De surcroît, votre étude montre combien il est réducteur d’opposer ancrage local ou régional d’une recherche avec une approche de portée nationale, voire internationale. Ses engagements l’ont en effet porté à agir en réseau. Il côtoie aussi bien des militants ouvriers comme le lithographe Emile Aubry, principal représentant de la Première Internationale à Rouen, que le républicain socialiste Charles Cord’homme, oncle par alliance de Guy de Maupassant, le polémiste Rochefort de l’Intransigeant ou encore et peut-être surtout Georges Clemenceau,celui de la jeunesse radicale comme le républicain de gouvernement, avant de collaborer au journal La Victoire de Gustave Hervé.

Par ce biais, c’est tout un pan de notre histoire sociale et politique que fait ressurgir la biographie d’Ernest Vaughan.

Votre étude que je viens de présenter et d’analyser brièvement me fait penser à celle que j’ai menée sur Noiret et aux travaux de Marcel Boivin. Sa qualité ne fait pas de doute et elle a déjà été distinguée car vous avez été lauréat du concours Créactif. De plus, un éditeur L’écho des vagues a accepté de publier votre étude nourrie par une documentation de grande qualité. Vous ne vous êtes pas contenté de puiser dans les archives normandes ou parisiennes, vous avez également sondé les archives du royaume de Belgique, l’institut d’histoire sociale d’Amsterdam ou les fonds de la bibliothèque communale de Bologne. Vos professeurs, MM. Yannick Marec et Jean-Yves Frétigné vous ont attribué la mention très bien. Je partage leur appréciation, vous adresse mes félicitations et vous annonce que la Société libre d’émulation du Commerce et de l’Industrie de la Seine-Maritime a décerné à votre étude le premier prix de notre concours 2012. Je suis donc heureux de vous remettre ce chèque de 200 € et ces deux Bulletins consacrés à Marcel Boivin et à Charles Noiret.

Daniel Fauvel.


Concours 2010


Palmarès

Le Musée industriel de Rouen aux 19e et 20 siècles

Melle Marie LEBERTHIER

Master 2, mention histoire, patrimoine, arts

Université de Rouen, années 2008-2009

132 pages + un volume d’annexes de 142 pages


Cette étude concerne directement notre Société, son histoire, son patrimoine et son avenir. En effet, Melle Marie Leberthier a utilisé largement la documentation contenue dans nos Bulletins anciens mais également dans les liasses et registres de nos archives cotées en 3J. Son étude a profité des informations que lui a fournies Mylène Doré qui avait étudié les toiles imprimées à personnages, master qui avait été présenté à notre concours en 2007.

L’analyse s’organise en trois parties. La première, chronologique, historique, évoque le Musée industriel et commercial de Rouen des origines à l’entre-deux guerres. L’auteur présente les projets précurseurs de la première moitié du XIXe siècle, les expositions, les cours publics, l’influence de la Société industrielle de Mulhouse. L’exposition universelle de Londres en 1851 sert de détonateur : il convient de créer à Rouen une structure permanente, un Musée industriel qui deviendra réalité en 1859 dans des conditions que Melle Leberthier a rappelées. Le 28 avril 1851, la Société libre d’émulation est déclarée d’utilité publique. Le 20 février 1855, c’est la fusion avec la Société libre du commerce et de l’industrie et c’est à partir de cette date que notre association actuelle s’est intitulée Société libre d’émulation du commerce et de l’industrie de Seine-Inférieure. Les plus hautes personnalités politiques et du monde des affaires, les manufacturiers et les indienneurs sont membres de la Société, riche et reconnue par les pouvoirs publics. Sous la Monarchie de juillet, elle avait érigé, grâce à une souscription publique, la statue de Pierre Corneille ; au début du Second Empire, elle se lance dans la création d’un Musée industriel à partir de l’exceptionnelle exposition régionale de 1859, ce qui permet de réunir les premières collections.

Le Musée n’est d’abord ouvert qu’aux professionnels mais la création de la Société industrielle en 1873 fait naître un autre Musée concurrent ce qui décide la Société libre du commerce et de l’industrie à ouvrir son Musée industriel gratuitement au grand public. Le Musée bénéficie alors des subventions du Conseil général de la Seine-Inférieure et, à partir de 1888, du ministère du commerce.

Melle Leberthier évoque ensuite les difficultés du début du XXe, la fermeture pendant la Grande guerre puis le renouveau du Musée quand, en 1925, le rapprochement entre les deux sociétés rivales peut avoir lieu grâce notamment à Camille Lion, filateur, président de la Société industrielle en 1920 mais membre par ailleurs de la Société libre d’émulation. Le Musée industriel peut alors renaître et offrir au grand public les collections historiques de tissus des deux sociétés.

Votre deuxième partie est ensuite consacrée à la formation de ces collections réunies essentiellement par des appels aux dons lancés notamment par notre association. Vous analysez également le rôle des chambres de commerce et des conseils de prudhommes, ce qui permet de distinguer aisément la collection conservée par la ville de Bolbec de celles de Rouen essentiellement composées de dons et de quelques achats.

Vous évoquez également les rares catalogues disponibles, notamment celui de 1878 du Musée industriel qui nous entraîne loin des échantillons de tissus vers la métallurgie, la chronométrie, la gravure, la physique ou l’agriculture et vers l’abondante documentation

disponible dans la bibliothèque du Musée, ce qui renvoie à la richesse de la bibliothèque de la SLE actuelle.

Votre troisième partie propose un avenir pour ces collections, pour ce patrimoine oublié. Vous suggérez la réalisation d’une grande exposition temporaire, la numérisation des différentes collections, la publication d’un ouvrage sur le sujet. Pourquoi pas ? Mais il faut en préciser les modalités, les conditions techniques et financières. C’est pourquoi, je suis moins optimiste que vous et je doute fort qu’on puisse dans les années à venir connaître une renaissance du Musée industriel et commercial comme cela avait été le cas en 1925. Pour l’instant, à défaut d’exposer, de numériser, la Société libre d’émulation du commerce et de l’industrie se contente de conserver aux Archives départementales ces précieux registres de tissus dont nous sommes propriétaires.

Pour l’intérêt qu’elle présentait pour notre Société et la qualité de la recherche, le jury a décidé de vous décerner le 1er prix de notre concours 2010.

Daniel Fauvel




Concours 2006



Palmarès

Mylène Doré – Histoire et patrimoine de l’indiennerie dans la région de Rouen 2006

2 volumes (sous la direction de Yannick Marec et Alain Joubert) :

- Volume 1 – Etude des toiles imprimées normandes à personnages, 149 p.

- Volume 2 – Annexes, corpus des toiles normandes à personnages, 197 p.


Melle Mylène Doré a préparé en 2005-2006 un Master II de gestion et aménagement du patrimoine naturel et culturel à l’Université de Rouen sous la direction de MM Yannick Marec et Alain Joubert, avec mention histoire, patrimoine et arts et elle a présenté son étude au concours de notre société. Chacun sait que la Société libre d’émulation de la Seine-Maritime a joué un rôle considérable dans les progrès de l’industrie textile au XIXème siècle, créant des cours publics dès 1834, organisant des expositions remarquables et favorisant la naissance du Musée industriel de Rouen. Aujourd’hui, il reste de ce prestigieux passé une collection de bulletins de 1796 à nos jours, des archives répertoriées aux Archives départementales sous la cote 3J, les grands albums d’échantillons de tissus en constituant la richesse essentielle.

D’une part, Melle Doré n’ignorait pas le passé prestigieux de notre société et elle avait demandé l’autorisation de consulter nos fonds d’archives. D’autre part, ses remerciements s’adressent à MM. Marec et Joubert mais aussi à plusieurs membres de notre association, à Mme Wetzel, MM. Alexandre et Baur ou M. Avenel dont les ouvrages ou articles sont mentionnés dans la bibliographie commentée.

Pour présenter sa remarquable étude, nous commencerons paradoxalement par les annexes et notamment par le corpus des toiles normandes à personnages. Chronologiquement, les recherches de Melle Doré commencèrent par cette quête, par cet inventaire des toiles imprimées lors d’un stage de six mois accompli au cours de l’année universitaire 2005-2006 au Musée industriel de la Corderie Vallois à Notre-Dame de Bondeville et au Musée des Traditions et Arts normands de Martainville.

Ce corpus constitué de 178 planches est très méthodiquement présenté. Chaque planche est illustrée par une photographie en couleurs, identifiée par un titre et de nombreuses rubriques permettent de préciser le lieu de conservation, la date de fabrication, les caractéristiques de l’indienne, d’analyser l’iconographie, les inscriptions, d’étudier la source d’inspiration…

Ce corpus est un outil qui invite à d’autres recherches car les rubriques ne sont pas renseignées de manière complète. Si la technique utilisée est presque toujours connue (le

rouleau de cuivre), la date de fabrication, la dimension de la pièce, le nom du graveur, du dessinateur, la source d’inspiration, sont très souvent inconnus.

L’annexe 2 présente ensuite la liste des toiles pour meubles signalées dans les carnets d’atelier de Narcisse Alexandre Buquet de 1854 à 1888 et l’annexe 3 les indiennes de Haute-Normandie aux 18ème et 19ème siècle. On ne s’étonnera pas de retrouver les grands noms de l’industrie textile couronnés par notre société lors des expositions, les Fauquet, Lemaître, Pouchet, Rondeaux, Besselièvre, Dechancé, Barbet ou Bataille, Long, Pimont ou Stackler, ces trois derniers ayant été des membres très influents de notre société. Quant aux centres industriels, il se dessine une carte dominée par Bolbec et les communes de la vallée du Cailly.

L’inventaire ayant été réalisé et la documentation réunie, il restait à Melle Doré à analyser et à synthétiser toutes ces informations, ce qu’elle fit fort bien dans l’étude proprement dite qui élargit le cadre de ses recherches aux autres grands centres de toiles imprimées et d’indiennes comme Jouy-en-Josas, Mulhouse ou Nantes. Dans une première partie, elle évoque les origines de l’indiennerie en France et son apparition en Normandie puis elle s’intéresse au processus de patrimonialisation de la toile imprimée qui lui permet de dresser un bref historique du Musée industriel et commercial de Rouen. La dernière partie aborde l’étude iconographique des toiles imprimées caractérisant les différentes scènes, mythologiques, bibliques, historiques, littéraires ou bucoliques et orientales et elle s’efforce alors de définir le style normand qui se singularise par « l’emploi d’une palette chromatique assez restreinte, violet et lie de vin pour le premier quart du 19ème siècle, alors que le rouge domine les années 1850-60 » et également par l’existence de scènes historiées et par le style de certains de ses graveurs comme les Buquet.

Deux remarques pour terminer :

Melle Doré n’a pas découvert d’indiennes à personnages dans nos archives ; il ne faut donc pas chercher de planche issue du fonds 3J dans son inventaire.

Par contre, vous trouverez une rubrique « webographie » qui propose d’utiliser une dizaine de sites Internet lui ayant permis de compléter ses recherches.

Si l’histoire des indiennes n’est pas sans rapport avec le passé de notre Société, la mise en valeur de ce patrimoine reste un défi pour l’avenir. On espère donc que la remarquable étude de Melle Doré pourra se transformer en exposition des toiles imprimées à personnages et qu’un éditeur publiera cet ouvrage de grande qualité que nous distinguons aujourd’hui en lui décernant le premier prix de notre concours 2006 dans la catégorie Master.

Daniel Fauvel