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Conférences

Le programme des conférences de 2018 est désormais disponible

Les Conférences de 2018:

Conférence de Mathieu Bidaux

L'exploitation de l'image de Rouen et des Rouennais sur les billets de banque

Rouen et les Rouennais prennent part à l’iconographie des billets de la Banque de France depuis le XIXe siècle. Rouen figure parmi les villes de province disposant d’un comptoir qui fabrique ses billets de 250 F. Le peintre rouennais Cabasson, de l’Académie des beaux-arts, dessine les recto et verso du billet de 50 F et le verso du 500 F. A plusieurs reprises, Rouen et des figures de l’imaginaire rouennais ont été sélectionnées par la direction de la Banque de France pour orner les vignettes de ses billets à des moments cruciaux de l’histoire de France : juste avant et après la Deuxième Guerre mondiale.

La cathédrale, la place du Vieux-marché, la maison de Corneille, le Palais de Justice illustrent les billets : sur le 1000 F Déméter ou sur le 100 F Corneille par exemple. Jeanne d’Arc est mentionnée par deux fois parmi les représentations envisagées. Au cours d’une conférence accompagnée d’illustrations et d’anciens billets, Mathieu Bidaux propose d’analyser comment l’image de Rouen a été employée au cours de l’histoire.


Conférence d'Isabelle Kaanen-Vandenbulcke

Une histoire de famille de fabricants de rouenneries, les Prevel


Dans les années 1860, d’après les journaux, des logements se louaient ou s’achetaient dans le « quartier des rouenneries » à Rouen …. Qu’est-ce que la rouennerie ? Pourquoi associer ce  lieu à celui qui, officiellement, s’appelle le  quartier Cauchoise ?

L’histoire, quelque peu oubliée, relève pourtant d’un temps où la rouennerie était d’une réelle  importance à Rouen, capitale textile, et dans le Pays de Caux. Ce type d’étoffe en coton avait en effet une réputation et un système de fabrication et de distribution tels qu’il s’exportait au-delà des mers.

Nouveautés techniques, politique des tarifs douaniers et besoins d’une population croissante font évoluer ce domaine tout au long du XIXe siècle. La rouennerie contribue ainsi à l’identité  architecturale, politique et religieuse de la région. Cependant, le progrès à l’origine de certaines fortunes et de mandats locaux condamne aussi à la disparition ceux qui ne s’adaptent pas à temps. Ce fut le lot des fabricants de rouennerie, plus de 300 à travailler dans le quartier Cauchoise.

La famille de François et Marie Florence Prevel est un exemple-type de ces marchands liés au coton, de ces intermédiaires entre le monde rural et urbain. Leur  histoire se conjugue avec les mutations des campagnes cauchoises du XIXe siècle.

Greniers à étente, verrines des masures témoignent aujourd’hui encore de ce passé riche et vivant.

Toutes les personnes intéressées sont cordialement invitées à assister à la conférence de Mme Isabelle Kaanen-Vandenbulcke organisée par la Société libre d'émulation du commerce et de l'industrie de la Seine-Maritime qui aura lieu le mercredi 23 mai 2018, à 18h00, en l'hôtel des sociétés savantes, 190 rue Beauvoisine à Rouen. Entrée libre et gratuite.






Conférence de Daniel Fauvel

Des ruines de l'église Saint-Nicolas de Rouen à la tour clocher de Cottévrard

La reconstruction du clocher de l'église de Cottévrard mérite d'être contée. On a longtemps prétendu que le clocher de l'église Saint Nicolas de Rouen, en ruines à la fin de la Monarchie de Juillet, avait été transféré à Cottévrard pour y être reconstruit. Un dessin de Brévière, gravé par Polyclès Langlois en 1869 et offert à la Société libre d'émulation, présente l'intérieur de la nef et laisse entendre que cette église paroissiale était en ruines depuis 1791. Près d'un siècle plus tard, Jules Adeline soulignait les disparitions d'églises de Rouen et pour le clocher de Cottévrard, utilisait l'expression de "Rouen déménagé".

Deux gravures nous font connaître l'église Saint-Nicolas de Rouen avant sa destruction, celle de Wood datée de 1838 et celle d'André Durand de 1843. Plusieurs dossiers concernent la reconstruction de la tour clocher de l'église de Cottévrard et l'on dispose de nombreux documents établis par les services de la préfecture ou tout simplement par le conseil de fabrique et le conseil municipal du village. Sans compter les articles de journaux, les délibérations de la Commission des Antiquités ou l'avis de l'abbé Cochet. Daniel Fauvel a publié un petit ouvrage chez Wooz éditions intitulé Cottévrard. Histoire de l'église, du prieuré et du presbytère dans lequel il a consacré un chapitre à cette "translation". Dans sa conférence, il présentera des documents non utilisés dans son livre parce que son propos ne sera pas centré seulement sur Cottévrard mais également sur l'église Saint-Nicolas de Rouen.







Les Conférences de 2017:



Mercredi 22 novembre 2017 :

Conférence de Didier Mouchel

Les frères Bisson et la photographie à l'exposition de Rouen en 1859


"La photographie, cette industrie qui se décore de toutes les apparences de l'art et en atteint quelquefois les mérites, montrait une série de remarquables travaux" , telle la souligne le rapport du jury de l'Exposition régionale de 1859 organisée à Rouen par la Société libre d'Émulation du Commerce et de l'Industrie de la Seine-Inférieure. Encore balbutiante dans ses procédés, la photographie se trouve propulsée dans les rayons de l'exposition par ses représentants régionaux les plus en vue : les rouennais Basset, Witz, Espagnet, Maze, Bastard et Lefebvre, le havrais Warnod et le cherbourgeois Barbe. Mais l'enregistrement photographique des produits de l'industrie dans les allées de l'exposition régionale semble avoir été confié à des photographes parisiens de renom, les frères Bisson, photographes de l'empereur. Après la découverte d'un album et d'une série de tirages  photographiques signés dans le fonds de la Société libre d'Émulation, il convient, à partir de ces sources originales, de faire un point sur les techniques et la diffusion de la photographie à Rouen en 1859.

Didier Mouchel, historien de l'art et de la photographie, viendra nous présenter le résultat de ses recherches lors de la conférence qu'il donnera le mercredi 22 novembre prochain, à 18 h 00, Hôtel des sociétés savantes, 190 rue Beauvoisine à Rouen.










Mercredi 11 octobre 2017 :

Conférence de Philippe Rouyer

La liaison maritime Dieppe Newhaven au temps de Flaubert


La liaison Dieppe-Newhaven, chère aux Normands des deux côtés de la Manche, a failli disparaître au début du XXIe siècle, après avoir connu la prospérité (1,2 millions de passagers en 1993). Depuis quelques années, elle retrouve sa clientèle de touristes et de transporteurs.

Lorsque naît Gustave Flaubert, en 1821, la liaison maritime qui relie Dieppe à l'Angleterre est encore assurée par des voiliers. Elle est irrégulière et ne concerne qu'un petit nombre de voyageurs. Elle va devenir une ligne très fréquentée avec la navigation à vapeur, la construction d'un débarcadère à Brighton, la mode des bains de mer puis l'arrivée du chemin de fer à Newhaven et Dieppe. Mais en 1851, lorsque Gustave Flaubert accompagne sa mère à l'exposition universelle de Londres, il prend encore la route de Boulogne. Quelques années plus tard, la ligne s'affirme comme le plus court chemin pour relier Paris à Londres, et le plus économique. À partir des années 1860, avec la gestion de la ligne assurée désormais par les compagnies de chemin de fer, Dieppe-Newhaven connaît une forte affluence : des vapeurs rapides, construits en fer puis en acier assurent la traversée en moins de 6 heures, dans des conditions tarifaires qui séduisent les voyagistes. Ainsi, Flaubert passera par Dieppe pour aller rendre visite à sa nièce Caroline, résidant à Londres. Mais les conditions d'hébergement des passagers sont très spartiates, la restauration laisse à désirer, et la navigation présente encore des risques, surtout par temps de brouillard . À la mort de Flaubert, en 1880, les bateaux à roues connaissent leurs dernières années, et bientôt l'aménagement des ports va permettre de s'affranchir des contraintes de la marée. Dès les premières années du XXe siècle les vapeurs à hélice assurent, en parfaite coordination avec le train, une liaison rapide, régulière et confortable. Le voyage en Angleterre cesse alors d'être sinon une aventure, du moins une épreuve longue et pénible. 




Mercredi 27 septembre 2017 :

Conférence de Mathieu Bidaux

Les Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime - Worms & Cie, une entreprise issue de la guerre
(1916-1921)

La Première Guerre mondiale envahit et attaque, petit à petit, tous les secteurs de la vie économique et industrielle. La marine marchande et les armateurs n’échappent pas à ce phénomène. La puissante Maison Worms a perdu son cargo «Emma», torpillé le 31 mars 1915 et «Léoville» échoue après avoir percuté une mine le 19 janvier 1916. Chacun sait que la guerre ne prend pas le chemin de la fin. D’autant plus que les Allemands décident de lancer leur guerre sous-marine à outrance en 1917, laissant présager des pertes considérables. Les armateurs ont alors déjà perdu un certain nombre de leurs navires.

L’État réagit et lance un « appel pressant » à l’industrie pour construire des chantiers navals destinés à contrer les dégâts infligés par les puissances de l’Axe et reconstituer une flotte.

Dans ce contexte, la Maison Worms, qui semble avoir déjà songé à bâtir son propre chantier, notamment pour effectuer les réparations liées à l'augmentation du trafic maritime, prospecte à l’abri du front, en Seine-Inférieure à Saint-Martin de Boscherville et au Trait puis répond à l'appel de l'État. C’est ce dernier, modeste village, qui recevra bientôt des centaines d’ouvriers travaillant dans les conditions difficiles d’un monde en guerre : pénurie de main-d’œuvre, pénurie de matériaux, montée des prix, débauchage, crise sociale, inondations.

C’est cette histoire, fortement tributaire des conditions nées de la guerre mondiale que Mathieu Bidaux propose de redécouvrir.



Mercredi 17 mai 2017 :

Conférence de Denis Louis :
Le crash d'un avion égyption à Monchaux-Soreng le 18 novembre 1933

Le 18 novembre 1933, dix avions biplans de type Avro 626 Tutor (avions d'entraînement militaires britanniques de l'entre-deux-guerres) quittent l'aérodrome de Lympne (Kent - Angleterre) à destination de l'Egypte, via Le Bourget.

Pendant le trajet, le brouillard causa la perte de deux de ces avions qui survolaient la vallée de la Bresle.

À partir d'une carte-photo (non datée), et après avoir «épluché» la presse nationale et locale et divers documents recueillis aux archives départementales, Denis LOUIS a reconstitué l'histoire du crash de l'un de ces deux avions, crash qui s'est produit sur le territoire de la commune de Monchaux-Soreng (canton de Blangy-Sur-Bresle), coûtant la vie à deux aviateurs égyptiens.

Il nous présentera, de manière détaillée (et abondamment illustrée) le déroulement des faits ce 18 novembre 1933, les obsèques des deux aviateurs à la Mosquée de Paris, le 20 novembre 1933, et les cérémonies commémoratives organisées l'année suivante (18 septembre 1934) sur les lieux de l'accident, cérémonies au cours desquelles plusieurs décorations furent décernées à diverses personnalités locales par le Ministre égyptien Fakhri Pacha, au nom de sa Majesté Fouad 1er.



Mercredi 26 avril 2017 :

Le clos aux Juifs de Rouen : entre certitudes et interrogations

Par MM. P. Cailleux, E. Follain, D. Pitte et J. Tanguy

Le quartier du palais de justice à Rouen a accueilli, au Moyen Age, le « Clos aux Juifs ». En 1976, la mise au jour de deux constructions romanes en pierre présentant des graffiti hébraïques faisait écho aux recherches menées outre-Atlantique par le professeur Norman Golb, qui pressentait alors l’importance de la communauté juive de Rouen à l’époque médiévale. Pendant la décennie suivante, des investigations menées dans le sol et les caves du quartier permirent de découvrir deux nouveaux édifices contemporains des premiers. Ce secteur de la ville devint un endroit privilégié pour l’archéologie du judaïsme en France et pour l’étude de Rouen à la fin de la période ducale.

Ces découvertes ont suscité, à juste titre, des commentaires enthousiastes et l’attention s’est très vite focalisée sur le bâtiment le plus spectaculaire, immédiatement qualifié de « monument » et présenté dans une crypte. On a proposé pour cet édifice trois identifications. Pour Norman Golb, nous sommes en présence d’une « école des hautes études juives ». Bernhard Blumenkranz, dès la découverte, a vu dans la construction partiellement dégagée une synagogue. Michel de Boüard, enfin, avoue avoir été frappé par la ressemblance que présente le bâtiment avec les « halls à étage » de l’architecture civile anglo-normande.

On a cessé trop tôt de s’interroger sur l’architecture et l’évolution du « monument juif » de la cour du palais de justice. L’intérêt quasi-exclusif porté à cette construction a eu pour conséquence de rejeter dans l’ombre les autres découvertes archéologiques, déconnectant ainsi l’ouvrage de son environnement. Pourtant notre connaissance de cet environnement a largement progressé depuis quelques décennies. Une thèse de doctorat soutenue en 1998, mais curieusement peu citée, a enrichi notre perception de ce que la documentation rouennaise désigne, à la fin du Moyen Age, sous les termes de « clos aux Juifs ». En multipliant, au cours des deux dernières décennies, les découvertes de maisons romanes en pierre, les archéologues rouennais ont fourni ce qui manquait tant à l’analyse des vestiges mis au jour dans les années 1970 et 1980 : des éléments de comparaison locaux. Il suffit enfin de se pencher sur les données issues des opérations archéologiques menées à la même époque dans ce secteur de la ville pour s’apercevoir que de nombreux éléments, pourtant décisifs pour la compréhension du site, ont été négligés.

C’est pourquoi nos conférenciers ont décidé de rouvrir le dossier et de vous livrer les résultats de leurs recherches récentes, entre certitudes et interrogations. Ils proposeront notamment une lecture renouvelée du « monument juif », illustrée par des propositions de restitution.

Soucieux de donner à Rouen la place majeure qui lui revient, dans l’histoire et l’archéologie du judaïsme en France, ils sont persuadés que ces travaux doivent trouver leur prolongement dans la constitution d’un groupe fédérant les compétences les plus diverses, dégagées des polémiques qui ont jadis brouillé la perception du site.

 

Mercredi 22 mars 2017 :

Conférence de Daniel Fauvel :
Le carnet de route du soldat Roussel
(2 août 1914 - 20 mars 1915)

La famille Roussel était bien connue à Cottévrard. Le maire, Frédéric Roussel, avait deux fils qui furent mobilisés en 1914. Marcel Louis Frédéric effectuait son service militaire à Vincennes quand la guerre éclata. Mobilisé au 2e régiment d'artillerie lourde, il rédigea un "carnet de route" qui nous est parvenu grâce à la famille Tabourdeau. Il vient d'être édité (original et transcription) dans l'ouvrage intitulé Cottévrard. De la guerre de 1870 à la guerre de 1914-1918 qui vient de paraître chez Wooz éditions.

            Daniel Fauvel présentera ce précieux document. Il évoquera les caractéristiques techniques de ce "carnet" jusqu'alors inédit et montrera qu'on peut le comparer utilement au JMO de la 5e compagnie du 2e RAL. Ce carnet de soldat n'a pas la sécheresse des documents militaires et, fait plus important encore, il rend compte avec beaucoup de précision de la bataille de la Marne. La période considérée est celle de la guerre de mouvement. Le carnet n'est pas avare de détails sur les déplacements. On peut dessiner l'itinéraire. Impressionnant. Car en quelques mois on va de Vincennes à Verrières puis à Sainte-Menehould, Stenay et la frontière belge avant un retour vers la vallée de la Marne. Puis marche vers le Nord et les environs de Verdun. A pied.

            Promu brigadier, il sera affecté ensuite au 82e puis aux 111e et 112e RAL et démobilisé le 8 septembre 1919. Il n'a rédigé de "carnet" que pour la période de la guerre de mouvement.



Les Conférences de 2016 :


23 novembre 2016 :

Alain Alexandre et Stéphane Cauchois

Résistance(s). La vallée du Cailly (1940-1944). Entre histoire et mémoire.

Le thème de cette conférence est le titre d’un ouvrage écrit par Alain Alexandre et Stéphane Cauchois, fruit d’un important travail de recherches et de témoignages, publié en 2015.

Sous l’Occupation (1940-1944) des hommes et des femmes refusent la défaite, l’occupation militaire et idéologique de notre pays et combattent la collaboration policière et administrative des autorités françaises.

Dans la vallée industrielle du Cailly et les plateaux environnants les diverses composantes de la Résistance sont présentes et agissent dans la clandestinité pour la libération du territoire.

Ces Résistant(e)s sont ouvriers, employés, enseignants, médecin, prêtre… Toutes et tous subissent la répression.

Le plus souvent jeunes, ils appartiennent à des mouvements et des réseaux différents que les auteurs ont répertoriés.

Dans chaque commune, des lieux de mémoire rappellent l’engagement, les actions et les souffrances des « Martyrs de la Résistance ».


19 octobre 2016 :

Lieutenant-colonel Jean-Pierre Collinet

L'histoire de la lutte contre le feu à Rouen depuis les origines jusqu'à 1875

On connaît l'intérêt du Lieutenant-colonel Jean-Pierre Collinet pour l'histoire des sapeurs pompiers et le rôle éminent qu'il joue pour valoriser et faire connaître le Musée des sapeurs pompiers de Montville.

Il viendra nous conter l’histoire de la lutte contre les incendies à Rouen entre 1700 et 1875, montrer tout le génie de l’homme pour se prémunir de ce fléau dévastateur, mais aussi expliquer la lente évolution des techniques d’extinction depuis l’utilisation des seaux en bois pour projeter l’eau ou des « ustensiles » propres à éliminer les éléments combustibles jusqu’à l’apparition de la pompe à vapeur qui donnera naissance aux services d’incendie modernes.

Une étape fondamentale sera franchie en 1721 avec la construction par des ouvriers rouennais de la pompe dite des échevins qui incitera les élus à créer le corps des gardes-pompes qui marque le début de la grande histoire de la lutte contre les incendies à Rouen.


28 septembre 2016 :

Daniel Fauvel

Le voleur de fleurs


Au début du XIXe siècle, voler un pain vous conduit en prison. Voler des fleurs également. Les dossiers de procédure conservés par les Archives Départementales de la Seine-Maritime sont particulièrement riches. Les affaires peuvent être effroyables comme les crimes de Saint-Martin-le Gaillard, sujet à controverse; d'autres peuvent faire sourire comme l'histoire de Félix Ducroq que j'avais contée dans l'ouvrage Les nouveaux mystères de Seine-Maritime, parue chez de Borée en 2011.

En 1838, à Rouen, les vols se multiplient. On "soustrait" des objets de toute sorte, des vêtements, de l'argent et même des fleurs. Le 31 mars 1838, Castelain, parfumeur de la rue des Carmes, propriétaire d'un jardin rampe Saint-Hilaire, porte plainte: on lui a dérobé seize plants de dahlias. Il emploie un jardinier nommé Gessiome qui oriente les recherches du commissaire Gautier-Lamothe vers Bourdonnais, un journalier qui avait été employé temporairement. L'enquête fut menée activement pour vol de fleurs. Il fut impossible de retrouver le suspect mais on apprit qu'il louait un jardin à Sotteville et sur commission rogatoire du juge d'instruction de Stabenrath, on alla perquisitionner. On trouva trente-neuf magnifiques rosiers, de l'oseille... mais pas de dahlias. Un vol de rosiers avait été signalé à Sotteville deux mois auparavant. On émit l'idée que le voleur de fleurs pouvait s'être intéressé aux rosiers...Mais les empreintes de pas ne le trahissaient pas et il fut mis hors de cause par Gessiome lui-même.

On continua à voler des fleurs et des objets de toute sorte. Castelain avait demandé à Gessiome, son maître jardinier, de faire le guet, chaque nuit. Ce dernier avait installé sa paillasse dans la cabane au fond du jardin. Vers 11 heures du soir, le 11 août 1838, son attente fut récompensée. Il surpris le voleur et avec l'aide d'un voisin, il le conduisit au commissariat. Félix Ducroq reconnut sans difficulté qu'il venait chercher quelques fleurons de dahlias, qu'il était l'auteur des autres vols chez Castelain. On perquisitionna chez lui et chez sa mère et on retrouva les dahlias, les fleurs, les outils de jardin et divers objets de peu de valeur. Lors de l'interrogatoire, il fut confronté à de nombreux plaignants et il nia souvent quand il ne s'agissait pas de vols en rapport avec le jardinage. Il fut accusé de vols qualifiés et renvoyé devant la cour d'assises qui le condamna à cinq ans de bagne le 22 décembre 1838. Ducroq avait accumulé les circonstances aggravantes: les vols étaient commis de nuit, par escalade dans des jardins dépendant d'une maison habitée. Et pourtant on lui accorda des circonstances atténuantes, ce qui lui valut de ne pas subir l'exposition. Car il était de bonnes mœurs et il avait déjà été inquiété en 1829 pour vol de fleurs. La récidive ne fut pas considérée comme une autre circonstance aggravante mais comme une excuse. On ignore si ce kleptomane a commis ensuite d'autres crimes.


15 juin 2016 :
Guy Pessiot

Premiers photographes et premières photographies à Rouen, vers 1840-1850

Guy Pessiot est l'auteur d'une dizaine de livres sur l'histoire de Rouen et de son agglomération par la photographie. Après plus de quarante ans de recherches dans les fonds privés et publics, il s'intéresse aujourd'hui à une double question: quels furent les premiers photographes installés à Rouen? quelles sont les plus anciennes photographies datées de la ville de Rouen?

Concernant les photographes, la date communément admise est 1846. Elle sera remise en question car il ne faut pas seulement se fier aux Almanachs de Rouen. Pour les photographies, il montrera que, contre toute attente, la photo la plus ancienne n'est pas un daguerréotype.

Toutes les personnes intéressées sont cordialement invitées à assister à cette séance de conférence organisée par la Société Libre d’Émulation du Commerce et de l’Industrie de la Seine-Maritime le mercredi 15 juin 2016, à 18 h, en l’hôtel des sociétés savantes, 190 rue Beauvoisine à Rouen. Entrée libre et gratuite.





25 mai 2016 :

Michel Decarpentry

De l'arrivée du train en Seine-Inférieure au projet de ligne nouvelle
Ligne principale et lignes secondaires; le chemin de fer d'intérêt local


Jean-Pierre Ferrer et Michel Decarpentry ont publié récemment un précis chronologique d'histoire intitulé Les chemins de fer en terres de Caux. Michel Decarpentry viendra évoquer un thème plus large lors de la prochaine séance de la Société libre d'émulation de la Seine-Maritime.

La réalisation d'un grand réseau ferré fut sans nul doute, la grande révolution du XIXe siècle et du début XXe  non seulement en France mais en Europe. Dans notre département l'ingénieur anglais Locke effectua le premier voyage de Paris à Rouen le 30 avril 1843 en vue de l'inauguration prévue le 3 mai. Grâce à la conjugaison de la vapeur et du rail, on allait gagner un temps considérable et surtout voyager sans les désagréments et les dangers rencontrés habituellement avec les diligences.  Ne recommandait-on pas alors de faire son testament avant de s'embarquer tant les voyages étaient incertains? Ce fut un grand événement relaté à l'époque dans le Journal de Rouen, déplaçant les ducs de Nemours et de Montpensier, les banquiers, les constructeurs, les édiles municipaux, le clergé, une foule énorme venue de Paris, les Rouennais, des Anglais... La loi du 11 juin 1842 avait donné l'orientation des grandes lignes à partir de Paris et surtout posé les bases de l'organisation du réseau français, mettant un peu d'ordre dans ce qui existait alors. Depuis 1825, un réseau anarchique de petites compagnies s'était développé alors que les gouvernements se contentaient d'attribuer seulement les concessions. On ne parlait plus que du train même si certains avaient prophétisé les pires maux et les plus grandes catastrophes. Gustave Flaubert, alors étudiant à Paris, écrit à sa sœur peu de temps après l'inauguration qu'on ne parle plus que du train allant à Rouen. En 1847, la ligne est prolongée jusqu'au Havre. La loi Freycinet viendra compléter le réseau d'intérêt général, puis en 1865 le chemin de fer d'intérêt local achèvera de relier quelques cantons. Plusieurs projets, jamais réalisés, furent mis à l'étude pour créer une ligne nouvelle de Paris à Rouen. En 2016, on en parle toujours et la LNPN est prévue pour les années 2030. 


27 avril 2016 :

Alain Huon

L'histoire des bacs de Caudebec-en-Caux 

Caudebec-en-Caux a toujours été prioritaire en Seine pour son passage d'eau. Au début du XIXe siècle, le passage se faisait à la rame ou à la voile dans des conditions difficiles. Le 1er janvier 1868, on mit en service un bac à moteur et à roue à aubes. Construit au Havre, "L'Union" était le premier bac automoteur de France. Il fallait sept hommes d'équipage: un capitaine (ou patron) au gouvernail, un mécanicien à la chaudière, deux matelots et deux mousses chargés notamment de nettoyer le crottin des chevaux et les bouses de vaches. Il fallut attendre le 3 août 1909 pour l'utilisation d'un nouveau bac baptisé "L'union des deux rives". Il avait été construit en acier par les chantiers Maillard frères de Petit-Quevilly. Plus confortable, il pouvait embarquer cinq grandes voitures automobiles. Il sera remplacé au début de l'année 1925 par un bac à hélice construit par les Chantiers de Normandie à Grand-Quevilly puis, en 1935, par un autre bac (le n° 7) dont l'histoire fut mouvementée. Il sera coulé puis renfloué deux fois, connaîtra  l'exode et la retraite allemande de 1944. Il sera remplacé en décembre 1949 par un bac construit chez Dubigeon à Nantes. En 1960, le bac N° 10, de couleur rouge, présente des progrès technologiques notables. Son puissant moteur Diesel, ses quatre turbopropulseurs Voigt à pales verticales orientables lui permettent de nombreuses rotations pour faire face à l'accroissement du trafic routier. La construction du pont de Brotonne en 1977 sonna le glas de ce bac plusieurs fois séculaire.




23 mars 2016 :

Yannick Marec

Entre tradition et modernité ? La Normandie au XIXe siècle

La prochaine séance publique de la Société libre d'Émulation du Commerce et de l'Industrie de la Seine-Maritime comportera deux parties; la remise solennelle des prix du concours de l'année 2015 sera suivie par la conférence de Yannick Marec. Professeur d’Histoire contemporaine à l’Université de Rouen, Vice -président de la Société libre d’Emulation de la Seine-Maritime, Vice-président de la Société des Amis de Flaubert et de Maupassant, Vice-président des Amis du Musée National de l’Education, Membre associé correspondant de l’Académie des Sciences, Arts et Belle-Lettres de Caen, il viendra présenter l'ouvrage consacré à l'histoire de la Normandie au XIXe siècle paru récemment.

L’image traditionnelle de la Normandie, celle des herbages, de la vache normande, du camembert, du cidre, du calvados… s’est largement construite au XIXe siècle. En réalité, les éléments de cette image convenue sont plutôt une traduction de la modernité normande.

Proche de l’Angleterre, la Normandie est en effet précocement touchée par la révolution agricole, la révolution industrielle et celle des transports.

Cependant, confrontée à un malthusianisme précoce, la Normandie tend à se dépeupler et les contrastes sociaux qui s’accentuent dans la nouvelle société industrielle contribuent à accentuer les tensions sociales particulièrement en milieu urbain.

Mais la Normandie est aussi marquée par la reconstruction religieuse avant que ne s’affirment un processus de laïcisation sous la IIIe République, une terre d’élection des sociétés savantes et du tourisme balnéaire, un pays qui a abrité des acteurs et des penseurs politiques qui ont marqué le siècle et au-delà.

C’est donc une Normandie dotée d’une image forte qui s’est constituée sur de nouvelles bases au XIXe siècle après la désagrégation de l’ancienne province durant la période révolutionnaire et impérial.


24 février 2016 :
Hugues Auvray

Présentation de l'association "Histoire et patrimoine du Haut Cailly"

Hugues Auvray, membre de la Société libre d'émulation, avait sollicité quelques amis avec le projet de réaliser une exposition relative à la guerre de 1914-1918. Pour atteindre cet objectif, une association fut créée intitulée Histoire et patrimoine du haut Cailly. Les différents membres se partagèrent les recherches et plus de 40 panneaux purent être proposées aux visiteurs de l'exposition du 8 au 16 novembre 2014. L'originalité du projet permettait d'aller bien au-delà de la création de l'exposition puisqu'il donna lieu à la création d'un site internet dont la documentation alimenta un concours intitulé "de la mémoire reconstituée à la mémoire imaginée".


Jean-Claude Parenty

Le village de Cailly à la Belle époque

Jean-Claude Parenty fut l'animateur principal de ce projet car ses compétences en informatique permirent la création du site rassemblant toutes les données informatisées des différents chercheurs et les maquettes des 40 panneaux de l'exposition rédigés au format A0 et A2. La page facebook qu'il créa fut très utile pour le concours qui connut un succès remarqué. Lors de l'inauguration de l'exposition, il donna une conférence intitulée "Les Caillais pendant la Grande Guerre", thème qu'il reprendra lors de cette séance de la Société libre d'émulation.



Les Conférences de 2015 :

25 novembre 2015 :

Viviane Saint-Aubin et Marie Bertin
(CDC Campagne de Caux)

« Les Cauchois du Canton de Goderville dans la première guerre mondiale »

Madame Viviane Saint-Aubin et Mme Marie Bertin avaient créé l’an dernier une exposition intitulée Nos Cauchois et la Grande Guerre, exposition que l’on put découvrir dans les locaux de la Com.Com. CAMPAGNE DE CAUX de Goderville du 1er au 14 décembre 2014. Elles rendaient un magnifique hommage aux 417 morts et disparus des différentes communes du canton. La mise en page était irréprochable ; la documentation considérable. Madame Saint-Aubin avait collecté un maximum d’informations sur la période : des photos en tenue militaire, des courriers, des carnets de campagne, des articles de journaux, des objets…L’exposition pouvait faire revivre l’histoire des familles, des soldats partis au front mais aussi de ceux restés dans le pays.

Tout ce travail exemplaire sera présenté lors de leur conférence qui aura lieu le mercredi 25 novembre 2015, à 18h00, Hôtel des Sociétés Savantes, 190 rue Beauvoisine à Rouen. Toutes les personnes intéressées sont cordialement invitées à assister à cette séance de la Société libre d’émulation de la Seine-Maritime. Entrée libre et gratuite.

Ce sera l’occasion également de présenter le Bulletin 2014 qui sera remis à tous les membres de la Société présents. On pourra lire notamment les articles de Claude Bouhier sur Les légitimistes en Seine-Inférieure sous la Monarchie de Juillet, d’Etienne Mantel et Stéphane Dubois sur Les fouilles de Bois l’Abbé, près d’Eu. De nombreuses pages rendent compte des différentes manifestations de novembre-décembre 2014 qui avaient été placées sous l’égide de la Société libre d’émulation et l’exposition de Goderville figure en bonne place dans ce Bulletin.



10 Juin 2015 :
Mathieu Bidaux

« André Marie, sur les traces d'un homme d'État »

Lors de la prochaine séance de la Société Libre d'Émulation, Christophe Bouillon, député et Mathieu Bidaux, historien, évoqueront la vie du Président du Conseil, Ministre et député-maire de Barentin André Marie. La conférence sera illustrée de photographies inédites.

Né à Honfleur en 1897, dans une famille d'instituteurs, André Marie appartient aux hommes politiques qui ont inspiré de nombreuses œuvres d'art de leur vivant et après leur mort en Normandie. Homme à multiples facettes, il est soldat, chroniqueur théâtral, avocat, député, ministre de la Justice et de l'Éducation nationale, président du Conseil, auteur dramatique...

Il a su séduire Léon Blum, Vincent Auriol et les Normands qui l'ont sans cesse réélu de 1923 à sa mort en 1974.

Il a traversé deux guerres mondiales, trois républiques et il a contribué à la reconstruction du pays. Son action est encore peu connue bien qu'il soit un cadre de la IVe République qui participe à la rédaction de la loi sur les congés payés, réorganise la Justice et fait face au baby-boom à l'Éducation nationale.



19 Mai 2015 :
Françoise Blondel


« Georgette Leblanc, sœur de... (Maurice Leblanc) et femme de...
(Maurice Maeterlinck) : une égérie de la Belle-Epoque en Pays de Caux »

Lors de la prochaine séance de la Société libre d’émulation, Mme Françoise Blondel, bibliothécaire-documentaliste au CHU de Rouen, membre du CEPC (Cercle d’études du patrimoine cauchois), évoquera la vie de Georgette Leblanc.

Née à Rouen le 8 février 1869, dans une famille bourgeoise, où l’on admirait Flaubert, Georgette Leblanc, sœur cadette de Maurice, « père » d’Arsène Lupin et compagne pendant vingt-deux ans de Maurice Maeterlinck, écrivain belge, Prix Nobel de littérature en 1911, fut une cantatrice, artiste de théâtre très célèbre en son temps. Femme de lettres également, contemporaine de Colette, dont elle fut l’amie, elle ne parvint pas à s’imposer en littérature, malgré des dons certains.

Ses récitals, lui valurent l’admiration, entre autres, de Stéphane Mallarmé, Anatole France, Octave Mirbeau, Camille Saint-Saëns, Gabriel Fauré, Auguste Rodin… Elle recevait chez elle Oscar Wilde… Et Jules Renard jugeait qu’elle avait du génie.

Egérie de la Belle-Epoque, éprise de liberté, éminemment moderne : telle fut Georgette Leblanc. La vie de cette femme fut un véritable roman, dont une partie s’est étonnamment déroulée en Pays de Caux. Quatre villes ont jalonné son parcours : Rouen où elle est née et où elle vécut sa jeunesse, Gruchet Saint-Siméon et Saint-Wandrille où elle partagea son aventure sentimentale avec Maeterlinck, et enfin, Tancarville où se déroula la dernière partie de sa vie avec Margaret Anderson.



22 Avril 2015 :
 Jean-Louis Jumeau

« Valmont, berceau de la famille d’Estouteville : son château, sa rivière, ses moulins »


Lors de la prochaine séance de la Société libre d’émulation, Jean-Louis Jumeau présentera différents aspects de l’histoire de Valmont. Il répondra d’abord à quelques questions concernant l’origine du lieu. D’où vient ce mot ? Est-ce un toponyme d’origine normande ? romaine ? ou gauloise ? Pourquoi ne se termine-t-il pas en « ville » comme de très nombreux autres noms de lieu du département ? Il montrera ensuite le contraste entre la discrétion du lieu et l’importance des familles qui y furent seigneurs du lieu : les d’Estouteville, les Bourbon Saint-Pol, les de Longueville, de Matignon et même les Grimaldi, princes de Monaco. Enfin, il évoquera la rivière et son rôle dans l’économie locale, ses moulins, ses « usines » et leurs mutations au cours des derniers siècles.




Conférences


























L'église de Cottévrard
















Les frères Bisson et la photographie à Rouen en 1859





















La liaison maritime Dieppe Newhaven au temps de Flaubert











































La construction des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime - Worms & Cie, au Trait en 1919. © Photo : Douillet, Coll. Leblond.






















Le crash d'un avion égyptien à Monchaux-Soreng.



























Une lecture renouvelée du "monument juif" de Rouen, illustrée par une des propositions de restitution. © Erik Follain.
























































Le carnet de route du soldat Roussel









































L'histoire de la lutte contre le feu à Rouen





Le voleur de fleurs























































































De l'arrivée du train en Seine-Inférieure au projet de ligne nouvelle























L'histoire des bacs de Caudebec-en-Caux

















































































































































André Marie






Georgette Leblanc 




Valmont vers 1700
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societe.emulation76 societe.emulation76,
8 mars 2017 à 01:58